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D’après Reporterre du 14 Juin 2024

L’avenir est écologique avec le Nouveau Front Populaire

Par Bruno BOURGEON

vendredi 28 juin 2024, par JMT

L’avenir est écologique avec le Nouveau Front Populaire

La photo de famille du Nouveau Front populaire

Moratoire sur les mégabassines, hausse du Smic... Le Nouveau Front populaire a dévoilé le 14 juin son programme pour les législatives anticipées, avec au centre l’écologie et le social.

Sur l’estrade de la Maison de la chimie, à Paris, tout le monde se succède au micro pour affirmer que c’est un moment « historique ».

La veille, dans la soirée du 13 juin, les quatre principaux partis de gauche — Les Écologistes, La France insoumise (LFI), le Parti communiste (PC) et le Parti socialiste (PS) — sont tombés d’accord sur un programme commun et des candidatures uniques, pour les législatives des 30 juin et 7 juillet.

Depuis la controversée dissolution par Emmanuel Macron, le 9 juin, en quatre jours — « et quatre nuits ! » s’amuse à rappeler Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes —, ces forces politiques ont formé une alliance : le Nouveau Front Populaire (NFP). Le « contrat législatif » de cette coalition contient 24 pages et près de 150 mesures.

Certaines à adopter dans les « 100 premiers jours » après l’élection d’une majorité de députés du Nouveau Front populaire — et la nomination d’une ou d’un Premier ministre issu de cette formation — et d’autres à mettre en place dès les deux premières semaines suivant le scrutin. 

« Il s’agit de proposer au pays une rupture totale avec la politique d’Emmanuel Macron pour répondre aux besoins immédiats du peuple et faire la bifurcation écologique aujourd’hui indispensable », résume Manuel Bompard, de LFI.

Le programme comprend des mesures écologiques fortes, et inattendues. Dès les 15 premiers jours après son installation, le NFP prévoit un moratoire sur les projets autoroutiers.

Les partis de gauche étaient pourtant divisés sur ce sujet, la plupart étant opposés au chantier de l’A69 censée relier Castres à Toulouse, tandis que la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, refusait de l’abandonner.

« Ce moratoire concerne toutes les autoroutes, il concerne donc aussi l’A69, confirme Marine Tondelier. C’est un engagement qu’a pris le Parti socialiste, qui a eu la responsabilité, comme nous toutes et tous autour de la table, de voir dans quel sens allait l’histoire, et quelles décisions il fallait prendre. Et je les en remercie. »

Idem, alors que des figures socialistes s’étaient dites jusqu’ici favorables à l’installation de mégabassines, le NFP promet un moratoire sur les mégabassines, dès son arrivée au pouvoir. 

« Il y avait eu une proposition de loi sur les mégabassines à l’Assemblée nationale que tous les partis de gauche avaient votée, rappelle Marine Tondelier. Donc ce n’est pas étonnant qu’on l’adopte aujourd’hui. Ce travail de convergence s’est fait aussi à l’Assemblée nationale. »

Moins clair, le programme commun du NFP propose, dès les 15 premiers jours, de « mettre en place des règles précises de partage de l’eau sur l’ensemble des activités ».

À toutes ces mesures sur l’écologie s’ajoutent le blocage des prix des biens de première nécessité dans l’alimentation, l’énergie et les carburants ; l’augmentation des salaires par le passage du Smic à 1 600 euros net ; l’abrogation immédiate des décrets d’application de la réforme des retraites et la réforme de l’assurance-chômage.

Les 100 premiers jours suivant les élections sont ensuite surnommés « l’été des bifurcations ».

La coalition des partis de gauche propose de faire débattre les députés sur une loi Énergie-Climat — il faut se rappeler que la France n’en possède actuellement plus, contrairement à ce que ses propres lois imposent, car le gouvernement y a renoncé —, de mettre en place un plan climat visant la neutralité carbone en 2050 ou encore d’inscrire dans la loi le principe de la règle verte : « Ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer. »

Sur la question de l’énergie, seules des propositions faisant consensus sont évoquées dans le programme : « renforcer la structuration de filières françaises et européennes de production d’énergies renouvelables », « faire de la France le leader des énergies marines », « refuser la privatisation des barrages hydroélectriques ».

La question de l’énergie nucléaire, défendue par les socialistes et les communistes, mais combattue par les écologistes et les insoumis, est évacuée.

La coalition revient sur la fusion entre l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de recherche sur la sûreté nucléaire (IRSN) que l’AN avait adoptée en avril, malgré les inquiétudes des salariés.

« C’est un programme sur cinq ans, et sur cinq ans, de toute façon, on ne construit pas une centrale nucléaire, balaie Yannick Jadot, sénateur écologiste. La priorité, c’est l’investissement dans la rénovation des logements et le développement des énergies renouvelables. Ensuite, nous aurons un débat autour d’une grande loi de transition énergétique, et là, on continuera à avancer ».

Sur les logements, les objectifs sont louables et ambitieux et seront précisés. Le NFP souhaite « l’isolation complète des logements » et « accélérer la rénovation des bâtiments publics », sans détailler comment y arriver.

« Ce Nouveau Front populaire, ce n’est pas seulement le rassemblement de formations politiques, c’est un rassemblement nouveau, inédit, qui rassemble aussi des associations, des collectifs, qui est soutenu par des personnalités syndicales, associatives », affirme Manuel Bompard.

Ainsi, Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, s’est exprimé le 14 juin depuis l’estrade de la Maison de la chimie. L’organisation revendiquait pourtant l’indépendance politique.

« Pour nous, Jordan Bardella Premier ministre, c’est le scénario du pire. C’est la promesse d’une catastrophe pour la protection du climat, pour la protection de la biodiversité », a déclaré Jean-François Julliard, évoquant les votes systématiques du Rassemblement national (au Parlement européen comme au palais Bourbon) contre les mesures écologiques.

Jean-François Julliard a estimé que le NFP était la seule alternative, rappelant au passage que l’État français avait été jugé fautif d’inaction climatique, à 2 reprises, depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Élysée.

Saluant une « série de mesures ambitieuses » de la coalition des partis de gauche, le directeur de l’ONG a rappelé que sa présence dans le mouvement du NFP, comme celle d’autres associations et collectifs, n’était pas un « chèque en blanc ». 

« On sera là aussi quand vous aurez été élus, parce que vous allez être élus, pour exiger des comptes, pour s’assurer que toutes les annonces qui sont aujourd’hui dans votre programme seront réellement mises en œuvre ».

Bruno Bourgeon, président d’AID  http://www.aid97400.re

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