AID Association Initiatives Dionysiennes

Ouv zot zié !

Accueil > Politique > L’arme la plus dangereuse de tous les temps sort de la chaîne de montage du (...)

Traduction d’AID pour Les-crises.fr n° 2019-19

L’arme la plus dangereuse de tous les temps sort de la chaîne de montage du nucléaire

par James Carroll , traduit par Jocelyne le Boulicaut

jeudi 14 mars 2019, par JMT

AID soutient financièrement le très intéressant site "Les-crises.fr" depuis plusieurs années. Nous avons fait un pas de plus en participant aux traductions des textes anglais quand le site fait appel à la solidarité de ses adhérents. Nous avons donc mandaté une de nos adhérentes, Jocelyne Le BOULICAUT enseignante universitaire d’anglais retraitée pour y participer en notre nom et nous indemnisons son temps passé avec notre monnaie interne.

L’arme la plus dangereuse de tous les temps sort de la chaîne de montage du nucléaire

14 Février 2019 Par James Carroll pour TomDispatch.com

James Carroll, chroniqueur régulier de TomDispatch, ancien chroniqueur du Boston Globe, est l’auteur de 20 livres, dont le plus récent est le roman "The Cloister" (Doubleday). Son histoire du Pentagone, "House of War", a remporté le prix PEN-Galbraith. Ses mémoires, "An American Requiem", ont remporté le National Book Award. Il est membre de l’Académie américaine des Arts et des Sciences.

Dans les hautes plaines du Texas, une usine d’armement, Panhandle, est en train de franchir un seuil qui bouleversera notre ère, écrit James Carroll

Le mois dernier, la National Nuclear Security Administration (anciennement la Commission de l’énergie atomique) a annoncé que la première d’une nouvelle génération d’armes nucléaires stratégiques avait quitté la chaîne de montage de sa centrale nucléaire de Pantex, au Texas. Cette ogive, la W76-2, est conçue pour être montée sur un missile Trident lancé par un sous-marin, une arme d’une portée supérieure à 7 500 milles [12.070 km NdT] . D’ici septembre, un certain nombre, non divulgué, d’ogives sera livré à la Marine en vue de leur déploiement.

Ce qui fait la nouveauté de cette bombe, c’est qu’elle transporte une charge utile destructrice bien inférieure à celle des monstres thermonucléaires que le Trident porte depuis des décennies - non pas l’équivalent d’environ 100 kilotonnes de TNT comme auparavant, mais de cinq kilotonnes.

Enola Gay exposé au Udvar-Hazy Center à Chantilly, Va. (DoD, Kevin O’Brien)

Selon Stephen Young, de l’Union of Concerned Scientists, le W76-2 ne produira "que" environ un tiers de la puissance dévastatrice de l’arme que le bombardier américain Enola Gay, un B-29, a larguée sur Hiroshima le 6 août 1945. Pourtant, c’est précisément cette réduction de la puissance de destruction qui rend cette arme nucléaire potentiellement la plus dangereuse jamais fabriquée. Pour répondre à la quête de " flexibilité " de l’administration Trump en matière de guerre nucléaire, elle n’est pas conçue pour dissuader un autre pays de lancer ses armes nucléaires ; elle est conçue pour être utilisée. C’est l’arme qui pourrait rendre envisageable ce qui était jusqu’alors "impensable".

Voilà longtemps qu’il y a des armes nucléaires "à faible rendement" dans les arsenaux des puissances nucléaires, notamment des missiles de croisière, les "bombes de largage aérien" (transportées par des avions), et même les obus d’artillerie nucléaire - armes dites "tactiques" et destinées à être utilisées dans l’enceinte d’un champ de bataille spécifique ou dans un théâtre de guerre régional.

La grande majorité d’entre elles ont cependant été éliminées lors des réductions d’armement nucléaire qui ont suivi la fin de la guerre froide, une désescalade tant aux États-Unis qu’en Russie qui a été accueillie avec soulagement par les responsables des terrains de guerre, ceux qui étaient responsables de l’utilisation potentielle de ces munitions et qui comprenaient leur absurdité auto-destructrice.

Classer certaines armes comme "armes à faible rendement" en fonction de leur énergie destructrice dépendait toujours d’une distinction que la réalité viderait de son sens (une fois pris en considération les dommages causés par la radioactivité et les retombées atmosphériques, ainsi que la faible probabilité qu’une seule de ces armes puisse être utilisée).

En fait, l’élimination des armes nucléaires tactiques était en contradiction pure et dure avec la loi de l’escalade, selon la vision d’un autre chef de commandement - toute utilisation d’une telle arme contre un adversaire armé de façon identique déclencherait sans aucun doute une chaîne inexorable d’escalade nucléaire dont le point final était à peine imaginable.

L’un des adversaires ne prendrait jamais un coup sans qu’il y ait une riposte en conséquence, point de départ d’un processus qui pourrait rapidement dégénérer en un échange apocalyptique. En d’autres termes, la " guerre nucléaire limitée " était une chimère de fous et, petit à petit, elle a été universellement reconnue comme telle. Ce n’est plus le cas actuellement, malheureusement.

A la différence des armes tactiques, les armes nucléaires stratégiques intercontinentales ont été conçues pour viser directement la patrie lointaine d’un ennemi. Jusqu’à présent, leur pouvoir destructeur extrême (tellement plus important que celui infligé à Hiroshima) ne permettait pas d’imaginer de véritables scénarios d’utilisation qui seraient envisageables d’un point de vue pratique et nous ne parlons pas ici de ce qui serait moralement acceptable.

C’est précisément pour éliminer cette entrave pratique - la morale n’a pas semblé entrer en ligne de compte ici - que l’administration Trump a récemment entamé le processus de retrait du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire datant de l’époque de la guerre froide, tout en faisant sortir de la chaîne de montage une nouvelle arme "limitée" et modifiant ainsi le système Trident. Avec de telles décisions, il ne fait aucun doute que l’humanité entre dans une deuxième ère nucléaire redoutable.

Voilà comment une inhibition vieille de 70 ans, qui a sans aucun doute sauvé la planète, est sur le point d’être balayée dans un nouveau monde d’armes nucléaires prétendument " utilisables " et c’est bien là que réside le danger. Bien sûr, une arme avec un tiers de la puissance destructrice de la bombe larguée sur Hiroshima, où 150 000 personnes sont mortes, pourrait tuer 50 000 personnes dans une attaque de même type avant même que l’escalade ne commence.

De ces armes nucléaires, l’ancien secrétaire d’État George Shultz, qui était un proche du président Ronald Reagan à l’apogée des négociations de contrôle des armements qui ont mis fin à la guerre froide, a déclaré : "Une arme nucléaire est une arme nucléaire. Vous en utilisez une petite, et puis vous allez chercher une plus grande. Je pense que les armes nucléaires sont des armes nucléaires et c’est là que nous devons tracer la ligne."

Nuage atomique au dessus d’Hiroshima, 6 Août 1945, depuis Enola Gay en vol au dessus de Matsuyama (Wikimedia)

Combien de temps encore avant Minuit ?

Jusqu’à maintenant, une des aberrations de l’ère nucléaire résidait dans le fait que certains des détracteurs les plus féroces de ces armes se comptaient parmi ceux-là même qui les ont créées. L’exemple emblématique en est le Bulletin of Atomic Scientists, une revue bimestrielle fondée après les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki par des scientifiques vétérans du projet Manhattan, qui créa les premières armes nucléaires (de nos jours, parmi les sponsors de ce magazine on compte 14 lauréats du Prix Nobel).

Depuis 1947, chaque année, la page de couverture du Bulletin sert d’alarme nucléaire, faisant figurer une horloge dite Doomsday Clock [ Horloge du Jugement dernier NdT], dont l’aiguille des minutes approche chaque année de "minuit" (définie comme le moment de la catastrophe nucléaire)

Cette première année, l’aiguille se trouvait sept minutes avant minuit. En 1949, après que l’Union soviétique eut obtenu sa première bombe atomique, elle se rapprocha de trois minutes avant minuit.

Au fil des ans, chaque mois de Janvier, l’aiguille est repositionnée pour indiquer le niveau d’augmentation ou de diminution du risque nucléaire. En 1991, après la fin de la guerre froide, elle a été ramenée à 17 minutes avant minuit, puis, pendant quelques années particulièrement optimistes, l’horloge a complètement disparu.

En 2005, elle a refait son apparition indiquant 7 minutes avant minuit. En 2007, les scientifiques ont commencé à prendre en compte la dégradation du climat dans leur évaluation et les aiguilles ont inexorablement avancé.

En 2018, après une année de présidence du président Donald Trump, elle a atteint son point culminant à deux minutes avant minuit, une alarme stridente destinée à indiquer un retour au plus grand péril de tous les temps : le niveau de deux minutes n’a été atteint qu’une seule fois auparavant, il y a 65 ans.

Le mois dernier, quelques jours à peine après l’annonce de la fabrication du premier W76-2, la page de couverture du Bulletin pour 2019 a été dévoilée, l’aiguille est toujours à deux minutes de la fin, c’est-à-dire au bord de la catastrophe.

Minuit moins deux à l’horloge de l’apocalypse. (Union of Concerned Scientists)

Pour bien comprendre à quel point notre situation est précaire aujourd’hui, le Bulletin des scientifiques nucléaires nous invite implicitement à revenir à cet autre moment de deux minutes avant minuit. Si la fabrication d’une nouvelle arme nucléaire à faible puissance marque un tournant décisif vers un monde en péril, il est ironique de réaliser que la dernière fois que cela s’est produit, il s’agissait de la fabrication d’une arme nucléaire à l’extrême opposé : une "super" bombe, comme on l’appelait alors, ou bombe à hydrogène. C’était en 1953 et nous nous trouvions devant ce qui aurait pu être le tournant le plus fatidique de l’histoire nucléaire jusqu’à aujourd’hui.

En 1949, après que les Soviétiques eurent fait exploser leur première bombe atomique, les États-Unis se sont lancés dans un programme intensif pour construire une arme nucléaire beaucoup plus puissante. Désaffectée après la Seconde Guerre mondiale, l’usine de Pantex a été réactivée et est devenue depuis la principale génératrice d’armes nucléaires américaines.

La bombe atomique est une arme à fission, c’est-à-dire que les noyaux d’atomes sont divisés en éléments dont la somme totale pèse moins que les atomes originaux, la différence ayant été transformée en énergie. Une bombe à hydrogène utilise la chaleur intense générée par cette "fission" (donc thermonucléaire) pour déclencher une "fusion", ou combinaison d’éléments, beaucoup plus puissante, ce qui entraîne une perte de masse encore plus importante qui se transforme en énergie explosive d’un type inimaginable jusque-là. Une bombe H génère une force explosive de 100 à 1 000 fois la puissance destructrice de la bombe d’Hiroshima.

Dotés d’un pouvoir tel que les humains n’imaginaient autrefois qu’entre les mains des dieux, d’anciens scientifiques clés du Projet Manhattan, dont Enrico Fermi, James Conant et J. Robert Oppenheimer, se sont fermement opposés au développement de cette nouvelle arme la considérant comme une menace réelle contre l’espèce humaine.

La Super Bombe serait, selon Conant, "génocidaire". Suivant la ligne de ces scientifiques, les membres de la Commission de l’énergie atomique ont recommandé - par trois voix contre deux - de ne pas mettre au point une telle arme à fusion, et pourtant, le président Truman est passé outre.

En 1952, à l’approche du premier essai de la bombe H, des scientifiques nucléaires, toujours préoccupés, ont proposé de reporter indéfiniment l’essai pour éviter une " super " rivalité catastrophique avec les Soviétiques. Ils ont suggéré de se rapprocher de Moscou afin de conclure un accord de limitation mutuelle du développement thermonucléaire au seul domaine de la recherche et de ne pas passer aux essais réels de ces armes, d’autant plus que rien de tout cela ne peut se faire en secret.

L’explosion expérimentale d’une bombe à fusion serait facilement détectable par l’autre protagoniste, qui pourrait alors procéder à son propre programme d’essais. Les scientifiques ont exhorté Moscou et Washington afin que soit tracée cette ligne de contrôle des armements, ce sur quoi les deux nations se sont d’ailleurs mises d’accord bien des années plus tard.

À cette époque là, ce sont les les États-Unis qui étaient à l’initiative. On n’était pas encore vraiment entré dans une course effrénée aux armements et à la possibilité d’une accumulation de milliers d’armes de ce type des deux côtés. En 1952, les États-Unis comptaient un arsenal atomique d’une centaine d’unités, l’Union soviétique d’une douzaine. Mais même ces chiffres, bien sûr, permettaient déjà de prévoir une guerre mondiale, véritable Armaggedon.

Le président Harry Truman a étudié cette proposition de reporter indéfiniment le test. Il a été soutenu dans cette démarche par des personnalités comme Vannevar Bush, qui dirigeait le Bureau de la recherche scientifique et du développement, qui avait supervisé le Manhattan Protect pendant la guerre.

Les scientifiques comme lui avaient déjà intégré la conclusion qui mettrait bien du temps à devenir évidente pour les décideurs - chaque progrès dans la capacité atomique de l’une des superpuissances amènerait inexorablement l’autre à l’égaler, et ce, à l’infini. Le titre du roman à succès de James Jones de cette époque reflète parfaitement ce sentiment : "From here to eternity." [Tant qu’il y aura des hommes NdT]

Dans les derniers jours de sa présidence, cependant, Truman s’est prononcé contre un report indéfini du test - c’est-à-dire contre une interruption dans la course à la prolifération d’armes nucléaires, ce qui aurait bien pu changer l’histoire. Le 1er novembre 1952, on a fait exploser la première bombe H - "Mike"- sur une île du Pacifique.

Elle avait 500 fois plus de puissance létale que la bombe qui a détruit Hiroshima. Sa boule de feu de plus de trois milles de large [4,82 km NdT], a non seulement détruit la structure de trois étages construite pour l’abriter, mais aussi toute l’île d’Elugelab, ainsi que des territoires entiers sur plusieurs îles voisines.

Et c’est ainsi que l’ère thermonucléaire a commencé et cela marque aussi le début du ronronnement de la chaîne de montage de cette même usine Pantex. Moins de 10 ans plus tard, les États-Unis alignaient 20 000 bombes nucléaires, en majorité des bombes H ; Moscou en comptant moins de 2 000. Et trois mois après ce premier test, le Bulletin des scientifiques nucléaires a déplacé l’aiguille sur son horloge, toute neuve, à deux minutes avant minuit.

En limite de la zone de l’usine d’armes nucléaires Pantex à Amarillo, Texas. (Danny Bradury via Flickr)

Une version du monde engendrée par la folie

On peut qualifier de paradoxale la comparaison entre la fabrication de ce qu’on appelle une "mini-nuke" et la création de la "super" il y a près de six décennies, mais honnêtement, quel peut être le sens de "mini" quand on parle de guerre nucléaire ? On en est là, en 2019, tout comme en 1952, dans les hautes plaines du Texas, là où justement tant d’armes de destruction ont été créées, la même usine d’armement,

Panhandle vient de franchir un seuil décisif. C’est vraiment ironique, on a finalement compris ce que les scientifiques clamaient - la bombe H est génocidaire - et c’est pour cela que pendant 4 décennies d’hostilité farouche entre l’Est et l’Ouest, les pressions contre son utilisation se sont révélées insupportables.

Aujourd’hui, le W76-2 équipant le Trident pourrait bien avoir un effet tout à fait différent - son premier acte de destruction pourrait être la fin d’un tabou de longue date, post-Hiroshima et Nagasaki, contre l’utilisation nucléaire. En d’autres termes, tant d’années après que l’île d’Elugelab ait été rasée de la surface de la Terre, l’"arme absolue" est enfin devenue chose normale.

Trump a balayé la théorie de "l’homme fou" de Richard Nixon - la conviction de l’ancien président qu’un adversaire devrait craindre qu’un dirigeant américain soit suffisamment instable pour presser le bouton nucléaire - que peut-on y faire ? Une fois de plus, les scientifiques nucléaires sceptiques, qui depuis trois quarts de siècles ont compris, avec une clarté cristalline, les problèmes essentiels de l’énigme nucléaire montrent la voie.

En 2017, l’Union of Concerned Scientists, en collaboration avec Physicians for Social Responsibility, a lancé Back from the Brink [ Sauvés de l’extinction NdT] : L’appel à la prévention de la guerre nucléaire, " une initiative militante nationale cherchant à changer fondamentalement la politique américaine en matière d’armement nucléaire afin de nous écarter de la voie dangereuse dans laquelle nous sommes engagés ".

Cette large coalition d’organisations civiques, de municipalités, de groupes religieux, d’éducateurs et de scientifiques, vise à faire pression sur les organismes gouvernementaux à tous les niveaux, à sensibiliser à la question nucléaire dans tous les forums et à inciter un groupe toujours plus important de citoyens à faire pression pour un changement de la politique nucléaire américaine.

Back from the Brink a cinq exigences, bien nécessaires aux États-Unis et à la Russie dans un monde où ils se retirent d’un traité nucléaire clé de l’ère de la guerre froide et où d’autres sont peut être à venir, y compris le pacte New START qui expire dans deux ans [nom d’usage courant d’un traité de réduction des armes stratégiques nucléaires entre les États-Unis et la Russie signé le 8 avril 2010 à Prague et, après sa ratification, est entré en vigueur le 5 février 2011 pour une durée de dix ans NdT]. Les cinq exigences sont :

  1. Non à la primo utilisation des armes nucléaires. ( Ce n’est que récemment que la sénatrice Elizabeth Warren et le représentant Adam Smith ont présenté, aux deux chambres du Congrès, une loi interdisant le recours initial à l’arme nucléaire pour empêcher Trump et les futurs présidents de lancer une guerre nucléaire).
  • Fin de l’autorité de lancement incontrôlée du président. (Le mois dernier, le sénateur Edward Markey et le représentant Ted Lieu ont de nouveau présenté un projet de loi à cette fin.)
  • Non aux détonateurs nucléaires.
  • Non au renouvellement et au remplacement permanent de l’arsenal (comme le font actuellement les États-Unis à hauteur d’environ 1,6 billions de dollars sur trois décennies).
  • Oui à un accord de désarmement entre les États dotés d’armes nucléaires.

Ces exigences vont du court terme réalisable au long terme espéré, mais en tant que groupe, Back from the Brink définit bien ce que devrait être le réalisme clairvoyant dans cette nouvelle version de notre ère nucléaire éternelle inhérente au monde selon Donald Trump.

Dans la prochaine séquence de la politique présidentielle, la question nucléaire figure en tête de l’agenda de chaque candidat. Elle doit être au centre de chaque forum et au cœur de chaque décision des électeurs. Il faut agir avant que le W76-2 et ses successeurs n’enseignent à une planète post-Hiroshima ce qu’est vraiment la guerre nucléaire.

version imprimable :