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55 ème Chronique de la Macronésie

CM55- "Make Our Planet Great Again" est resté lettre morte

par Dr Bruno Bourgeon, président d’AID

vendredi 8 juin 2018, par JMT

Puisque qu’il incombe à notre Manu national de donner dans les maximes (ouarf ouarf) je lui en dédicace une : "Il ne faut pas remettre à demain ce qu’on peut faire à une seule !".OK ! Bon !

Mais franchement où est la Politique dans cette vision du beau gosse "en gloire" devant cet écran bleu (qui doit toujours donner des boutons à son copain milliardaire Billou Lesportes en lui rappelant un autre écran bleu , souvenir cuisant :-) jacassant des mots creux et des phrases vides, en sachant pertinement qu’il n’y aura pas d’action. Car il n’a pas été élu pour faire de l’écologie, mais pour RE-FOR-MER LA FRANCE (d’après le dictionnaire, réformer c’est foutre à la poubelle une machine trop vieille, ou à l’abattoir une vache idem pour qu’elle devienne "du boeuf") : l’Ecologie Manu (ben ouais on a les EM... qu’on peut :-) , c’était juste un trompe-couillon qui a fait son effet pendant la campagne du premier tour, juste pour arriver à tout prix dans les deux premiers,mais il ne faudrait exagérer, comme disait Sarkozy, les pieds entortillés dans les tapis des "Grenelle" que Hulot (tiens tiens :-) lui avait fourgués, en 2011 : "l’écologie, ça commence à bien faire".

Au demeurant, dans l’imaginaire d’un banquier à quel compte comptable compte-t-il imputer l’Ecologie ? grosses dépenses certaines à court terme pour gain éventuellement illusoire à long terme ? Et comme disait Keynes "à long terme on est tous morts".

Sauf que not’ Manu fait peut-être une légère erreur dans ses business plans et semble avoir oublié qu’il est JEUNE ! Normalement il devrait sévir encore 40 ou 50 ans avant de déposer son bilan définivement (je n’attends pas une nouvelle controverse de Valladolid pour décider qu les banquiers n’ont pas d’ âme, seulement une comptabilité en partie double :-) et il risque, une fois oubliée sa calamiteuse présidence et avec ses quelques rares millions épargnés, de n’être pas dans les happy-fews capables de se payer de quoi survivre à l’effondrement que certains écologistes nous promettent pour 2035 !

Ou bien il y aura un méga-scoop quand on nous expliquera comment et pourquoi il fera partie des happy-few,.....dans le Huffington Post ?

"Make Our Planet Great Again" est resté lettre morte

Emmanuel Macron révèle sa nature : prononcer des discours écologiques offensifs à l’international et ne pas les mettre en œuvre au niveau national.

Donald Trump, le 01/06/2017, annonçait son intention de sortir de l’accord de Paris sur le climat. Immédiatement, Emmanuel Macron lançait un tapageur "Make our planet great again", se propulsant comme le meilleur rempart face au négationnisme climatique du président américain, devenant l’anti-Trump, gardien de l’intégrité de l’Accord de Paris, chéri par la presse internationale. De New York à Davos, il n’a manqué aucune occasion d’entretenir cette image.

Les optimistes notent que l’Accord de Paris, qui porte sur la période post-2020, n’est pas mort avec le départ US. La majorité des pays ont confirmé leurs propres engagements et de "solides oppositions" se sont constituées pour s’opposer à Trump, y compris aux États-Unis où un regroupement de collectivités territoriales et d’entreprises laissent entendre qu’une partie des USA se sent toujours engagée par l’Accord (alliance "We are still in").

Les réalistes répondent que la dynamique de la COP21 s’est enrayée. Les négociations patinent. Le fossé entre les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES), et le niveau qu’ils devraient atteindre pour contenir le réchauffement en deçà des 2°C, est abyssal. Et personne ne semble pressé de le combler. Pas plus Macron que les autres dirigeants de la planète. Dans les moments difficiles, on attend des décisions courageuses et visionnaires.

Or les États, France et Europe compris, n’ont pas profité de la COP23 de Bonn en octobre dernier pour expliquer comment ils allaient désamorcer la bombe climatique. Nous payons le prix des limites de l’Accord de Paris, non doté de dispositifs suffisants pour réguler et contrôler les États récalcitrants – à peu près tous aujourd’hui. Ce refus de la contrainte et la préférence donnée aux engagements volontaires éloignés des objectifs globaux, précipite l’aggravation du changement climatique.

Certains insistent sur les initiatives des collectivités territoriales, des entreprises et des habitants. Puisque le niveau international n’est plus moteur, reste à encourager les initiatives décentralisées. Ces initiatives, disparates, sont souvent intéressantes et bienvenues, comme celles qui sont mises en lumière par Alternatiba.

Mais que peut l’addition de ces initiatives lorsque les règles qui organisent et régulent l’économie mondiale, cette formidable machine qui réchauffe la planète, détruit la biodiversité et fragilise les écosystèmes, n’ont pas été modifiées ? Que peuvent ces initiatives quand Macron et Trudeau entérinent la mise en œuvre du CETA, cet accord UE-Canada visant à libéraliser le commerce et l’investissement, et qui a été déclaré comme climato-incompatible par les experts qu’ils ont eux-mêmes nommés ?

Une forme de schisme de réalité s’est ainsi instituée entre le « champion » français du climat à l’international et la teneur des politiques qu’il mène sur le plan domestique. Les exemples pullulent :

-  Exemptions à la Loi sur les hydrocarbures de décembre 2017 pour poursuivre l’exploitation au-delà de 2040 et confirmer le droit pour Total de poursuivre ses explorations au large de la Guyane.

-  Refus de confirmer dans la loi l’interdiction du glyphosate et autorisation des nouveaux néonicotinoïdes

-  Autorisation d’exploiter la Montagne d’or en Guyane

-  Soutien aux projets climato-incompatibles (EuropaCity, autoroutes à Rouen ou Strasbourg)

-  Refus d’interdire l’importation d’huile de palme (raffinerie Total de la Mède)

Emmanuel Macron et son gouvernement ont, en moins d’un an, révélé cela : prononcer des discours écologiques offensifs à l’international sans les mettre en œuvre au niveau national. Le sursaut qu’exigeraient le déni climatique de la première puissance mondiale et le franchissement des seuils d’irréversibilité ne vient pas. Pas plus à Paris qu’à Berlin, Tokyo ou Pékin.

Arrêter de repousser à plus tard ce qui devrait être fait aujourd’hui. Ne plus fixer des objectifs lointains sans leur mise en œuvre immédiate. Accepter de changer les règles du jeu et ne pas s’appuyer uniquement sur les bonnes volontés.Le défi est immense, mais décisif : trouvons les voies juridiques, politiques, sociales pour mener à bien une transition énergétique sans cesse reportée.

"Si nous ne faisons pas l’impossible, nous devrons faire face à l’impensable ! » disait un penseur écologiste nord-américain. Il est temps de s’y mettre.

Dr Bruno Bourgeon, président d’AID www.aid97400.re
D’après Maxime Combes, économiste et membre d’ATTAC-France, Huffington Post

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PUBLICATION DANS LES MEDIAS LOCAUX

* Courrier des lecteurs de Zinfos974 du Mercredi 6 Juin 2018 - 11:42

* Courrier des lecteurs dans Le Quotidien de la Réunion du 01 Juillet 2018

"Un an après la sortie de Trump de l’Accord de Paris, le slogan "Make Our Planet Great Again" de Macron est resté lettre morte"

LES BLOGS Maxime Combes, Économiste, membre d’Attac France, auteur de "Sortons de l’âge des fossiles !" 01/06/2018 17:55 CEST

Emmanuel Macron et son gouvernement ont révélé leur véritable nature : prononcer des discours écolos offensifs à l’international et ne pas les mettre en œuvre au niveau national.

AFP/Getty Images Emmanuel Macron, lors du One Planet Summit, le 11 décembre 2017.

Le 1er juin 2017, le président américain Donald Trump annonçait son intention de faire sortir les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. À peine quelques secondes plus tard, Emmanuel Macron lançait un tapageur et super efficace "Make our planet great again", s’auto-propulsant comme le meilleur rempart international face au négationnisme climatique incarné par Donald Trump.

À l’heure où l’image compte autant, si ce n’est plus, que les actes, Macron est ainsi devenu l’anti-Trump gardien de l’intégrité de l’Accord de Paris, adoubé par la presse internationale et les faiseurs d’opinion. De New York à Davos, en passant par Saint-Louis au Sénégal, il n’a d’ailleurs manqué aucune occasion pour entretenir cette image flatteuse au cours de l’année écoulée.

L’heure d’un premier bilan a sonné

Les optimistes notent avec empressement que l’Accord de Paris, qui porte sur la période post-2020, n’est pas mort malgré le départ programmé des États-Unis. Ils ajoutent que la majorité des pays ont confirmé leurs propres engagements et que de "solides oppositions" se sont constituées pour s’opposer à Donald Trump, y compris aux États-Unis où un regroupement de collectivités territoriales et d’entreprises laissent entendre qu’une partie des États-Unis se sent toujours engagée par l’Accord de Paris (alliance "We are still in").

Les plus réalistes répondront que la dynamique autour de l’Accord de Paris s’est, a minima, enrayée. Les négociations quant à sa mise en œuvre effective patinent dangereusement. Le fossé entre les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) annoncés en 2015, et le niveau qu’ils devraient atteindre pour contenir le réchauffement climatique mondial en deçà des 2 °C, est abyssal. Et personne ne semble pressé de le combler malgré les promesses en ce sens.

Pas plus Emmanuel Macron que les autres dirigeants de la planète. Dans les moments difficiles, on attend pourtant d’eux qu’ils prennent des décisions courageuses et visionnaires. Malheureusement, les États, France et Union Européenne (UE) compris, n’ont pas profité de la COP 23 en octobre dernier pour expliquer comment ils allaient désamorcer la bombe climatique.

Nous payons aujourd’hui le prix des limites intrinsèques de l’Accord de Paris qui n’a pas été doté de dispositifs suffisants pour réguler et contrôler les États récalcitrants – à peu près tous aujourd’hui.

Ce refus de toute contrainte internationale et la préférence donnée à des engagements volontaires déconnectés des objectifs globaux dont on ne cesse de s’éloigner, précipite l’aggravation du réchauffement climatique.

Face à l’inertie globale, des initiatives décentralisées ?

A ce constat alarmant, certains préfèrent insister sur les initiatives prises par les collectivités territoriales, les entreprises et les habitant.e.s. Puisque le niveau international n’est plus moteur, resterait à encourager les initiatives décentralisées, d’où qu’elles viennent. Ne soyons pas dans le déni. Ces initiatives, bien que disparates, sont souvent – mais pas toujours – intéressantes et bienvenue, comme celles qui sont mises en lumière par Alternatiba.

Mais ne soyons pas naïfs pour autant. Que peut la juxtaposition de ces initiatives alors que les règles qui organisent et régulent l’économie mondiale, cette formidable machine qui réchauffe la planète, détruit la biodiversité et fragilise les écosystèmes, n’ont pas été modifiées pour tenir compte de l’impératif climatique ? Que peuvent ces initiatives lorsqu’Emmanuel Macron entérine la mise en œuvre du CETA, cet accord UE-Canada visant à libéraliser le commerce et l’investissement qui a été déclaré comme n’étant pas climato-compatible par les experts qu’il a lui-même nommés ?

Une forme de schisme de réalité s’est en effet instituée entre le champion du climat qu’Emmanuel Macron incarne à l’échelle internationale et la teneur des politiques menées sur le plan domestique. Les exemples sont nombreux. Alors qu’une loi d’interdiction de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire national a été votée en décembre 2017, le gouvernement introduit des exemptions pour poursuivre l’exploitation au-delà de 2040 et confirme le droit pour Total de poursuivre ses explorations au large de la Guyane.

Vert à l’extérieur, insipide à l’intérieur !

Du refus de confirmer dans la loi l’interdiction du glyphosate à l’autorisation d’exploiter la Montagne d’or en Guyane, en passant par le soutien indéfectible du gouvernement pour des projets non climato-compatibles (EuropaCity, autoroutes à Strasbourg ou Rouen, etc) ou le refus d’interdire l’importation d’huile de palme (raffinerie Total de la Mède), Emmanuel Macron et son gouvernement ont, en moins d’un an, révélé leur véritable nature : prononcer des discours écolos offensifs à l’international et ne pas les mettre en œuvre au niveau national.

Quand les équilibres de la planète sont prêts à rompre, quand le seuil de l’irréversible est sur le point d’être franchi, comme le reconnaît d’ailleurs Emmanuel Macron, et quand la première puissance de la planète plonge dans le déni climatique, on attend pourtant un véritable sursaut politique.

Malheureusement, ce sursaut politique ne vient pas. Pas plus à Paris qu’à Berlin, Tokyo ou Pékin. Il n’est pourtant pas trop tard pour enterrer les politiques climaticides plutôt qu’enterrer, comme certains le préconisent désormais – sans en mesurer les conséquences – "l’objectif des 2°C".

Comment faire ?

Arrêter de repousser à plus tard ce qui devrait être fait aujourd’hui. Ne plus fixer des objectifs lointains, cette grande spécialité de Nicolas Hulot et Emmanuel Macron, sans qu’il ne soient immédiatement mis en oeuvre. Accepter de changer les règles du jeu et ne pas s’appuyer uniquement sur les bonnes volontés. Quitte à ce que cela perturbe le jeu économique et les intérêts des multinationales et des lobbys.

Le défi est immense, mais si décisif pour notre avenir : trouvons donc les voies juridiques, politiques, sociales pour empêcher des régressions aux effets irréversibles et mener à bien une transition énergétique qui est sans cesse reportée. "Si nous ne faisons pas l’impossible, nous devrons faire face à l’impensable ! » disait un penseur écolo nord-américain. Il est temps de s’y mettre.

VIDEO

Maxime Combes (Attac France) : "Le business prime sur la préservation de la planète."

Ajoutée le 12 déc. 2017

Maxime Combes est économiste et membre d’Attac France. Également contributeur du magazine en ligne Basta ! (bastamag.net), il est coauteur de l’ouvrage publié par Attac, "La nature n’a pas de prix" (Paris, LLL, 2012) et de Crime climatique stop ! (Seuil, "Anthropocène", août 2015). Il vient de publier "Sortons de l’âge des fossiles, manifeste pour la transition" (Seuil, Anthropocène, octobre 2015).

Aujourd’hui, Emmanuel Macron organise un nouveau sommet sur le climat - alors qu’une étude vient de démontrer que les prévisions sur le changement climatique pourraient être pires que prévues. Maxime Combes, économiste et membre d’Attac France, participera à ce sommet de deux jours. Il est l’invité de #LaMidinale.

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http://www.regards.fr
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Sur le réchauffement climatique
« Le réchauffement climatique se conjugue au présent et pas simplement au futur comme on veut nous le faire croire. »
« La discussion porte sur les politiques qui sont menées et qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. »
« L’intensification et la multiplication des catastrophes climatiques et des phénomènes climatiques extrêmes sont directement liées au réchauffement climatique global. »
« Nous avons des modes de vie qui ne sont pas climato-compatibles. »

Sur les deux ans de la COP21
« La France – comme l’Union européenne – derrière un discours qui se veut offensif et de leadership en matière de lutte contre les dérèglements climatiques, est pétrie de contradictions. »
« On a un décalage très fort entre le ‘make the planet great again’ annoncé par Emmanuel Macron suite à la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris, et la réalité de ce que nous avons en termes de politique climatique. »

Sur le financement de la lutte contre le dérèglement climatique
« Il faut que les pays riches en mettent plus sur la table. »
« Il faut que la proposition d’une taxe sur les transactions financières aboutisse. »

Sur la finance verte
« La finance verte, c’est le terme officiel des acteurs financiers pour expliquer qu’ils ont pris en compte la crise écologique et climatique alors qu’ils développent une niche avec les obligations vertes qui sont supposées aller dans le bon sens mais qui représentent très peu dans la part de la finance globale. »
« Il faut que le système financier international soit soumis à l’impératif climatique. »
« Il y a deux enjeux : rendre climato-compatible l’ensemble de la finance mondiale et que tout ce qui se prétend être vert, ne soit pas simplement une opération de greenwashing mais le soit réellement. »

Sur le sommet pour le climat
« Il y a la volonté derrière ce sommet organisé par Emmanuel Macron de s’afficher comme étant un leader super clean du point de vue du climat. »
« La politique économique et industriel de la France est la poursuite de ce qui est mené depuis des dizaines d’années. »
« Le business prime sur la préservation de la planète. »

Sur Nicolas Hulot
« On ne distingue plus Nicolas Hulot de Bruno Le Maire. »
« Nicolas Hulot aurait pu poser ses conditions pour entrer au gouvernement et poser les sujets sur lesquels il n’était pas prêt à transiger. »
« Nicolas Hulot a considéré que sa seule personne suffisait. »

Sur Notre-Dame-des-Landes
« Nicolas Hulot a répété plusieurs fois qu’il n’avait jamais posé de conditions définitives au fait qu’il reste ou pas au gouvernement. »
« Si le gouvernement valide la construction de cet aéroport qui n’est pas climato-compatible, qui a des impacts extrêmement grands, localement, on sera à des années lumières de cet engagement à faire ‘make the planet great again’. »

Sur les migrations climatiques
« On ne s’y prépare pas [aux enjeux des migrations climatiques] puisqu’on essaie de mettre des frontières et des barbelés partout et de renvoyer les migrants d’où ils viennent ».
« C’est un enjeu majeur qui nécessite de mettre un principe intangible de solidarité internationale obligatoire. »
« On ne peut pas être à la fois à la source du réchauffement climatique, des impacts environnementaux avec notre modèle économique insoutenable et ne pas prendre en compte les conséquences directes et indirectes de cela. »
« La majorité des migrants climatiques ou environnementaux sont des migrants sud-sud. »

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