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D’après Novéthic du 02 Mai 2024

Le « confinement climatique », ça vous dit ?

Par Bruno BOURGEON

vendredi 17 mai 2024, par JMT

Le « confinement climatique », ça vous dit ?

Un véhicule pulvérise de l’eau le long d’une route très fréquentée pour faire baisser la température en pleine vague de chaleur à Dacca, le 27 avril 2024 au Bangladesh (AFP - MUNIR UZ ZAMAN)

Le manque d’adaptation à la crise climatique a des conséquences sur les libertés humaines. Face à des températures extrêmes en Asie du Sud et en Amérique latine, plusieurs pays ont indiqué fermer leurs écoles et demandé aux habitants de rester chez eux.

Un confinement climatique appelé à se généraliser. Ce concept de confinement climatique n’existe pas encore mais il pourrait bien s’imposer dans la plupart des pays touchés par des chaleurs extrêmes et non adaptés à la crise climatique. 

Face à la vague de chaleur qu’ils subissent, certains pays d’Asie du Sud et du Sud-Est ont ainsi décidé la barricade. A Manille, capitale des Philippines, le mercure est monté à 38,8°C, et 45°C en température ressentie (indice de chaleur). Une situation telle que les cours ont été suspendus.

« Au vu des dernières prévisions d’indices de chaleur […] et l’annonce d’une grève nationale dans les transports, toutes les écoles publiques du pays devront mettre en place des cours asynchrones/à distance les 29 et 30 avril 2024 », a écrit sur les réseaux sociaux le ministère de l’Éducation.

Plus de 47 000 établissements sont concernés par cette mesure. Au début du mois d’avril déjà, l’archipel avait décidé de fermer des milliers d’écoles en raison de la chaleur extrême.

Les Philippines ne sont pas le seul pays touché par ces températures suffocantes. Le Bangladesh a également ordonné la fermeture des écoles dans tout le pays du lundi 29 avril au jeudi 2 mai, alors qu’il avait déjà fermé les écoles deux semaines auparavant. 

« Maintenir les écoles fermées est difficile car les enfants ne veulent pas étudier à la maison », a déclaré dimanche à l’AFP Fatema Tuz Zohor, mère de famille. « Mais comment aller à l’école par cette chaleur ? », interroge-t-elle alors que le thermomètre affiche 42°C.

« Nous voyons ce que trois siècles de climatologie n’ont jamais vu », a alerté le climatologue Maximiliano Herrera sur Twitter, pointant des records de chaleur pulvérisés en Thaïlande, au Laos, au Vietnam ou encore en Inde.

Il s’agit ainsi de la pire vague de chaleur d’avril dans l’histoire de l’Asie alors que le 23 avril dernier l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a estimé que l’Asie était la région la plus touchée au monde par les catastrophes climatiques.

« L’Asie se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale. La tendance au réchauffement a presque doublé depuis la période 1961-1990 », écrit l’OMM. Au-delà de la fermeture des écoles, plusieurs pays dont la Thaïlande ont aussi conseillé à la population de rester chez elle.

Balades nocturnes dans les parcs, piscines bondées, centres commerciaux pris d’assaut… Les habitants tentent de se réfugier dans des lieux de fraîcheur. Car chez eux, le thermomètre grimpe. 

« Nous avons besoin d’une climatisation gratuite pour réduire notre facture d’électricité », a ainsi témoigné auprès de l’AFP Gerise Reyes, Manillaise en route vers un centre commercial avec sa fille de deux ans.

L’électricité est d’ailleurs un des problèmes supplémentaires liés à cette vague de chaleur intensifiée par El Niño. Selon des médias locaux, les ressources électriques sont mises à rude épreuve notamment à Luzon, île principale des Philippines. En Thaïlande, la demande en électricité a atteint un record.

Ce n’est pas la première fois que des populations sont contraintes de limiter leur déplacement pour des raisons climatiques. En Colombie, le vendredi 19 avril, face à la sécheresse historique qui frappe le pays, le gouvernement a décrété un jour chômé dans le secteur public pour faire baisser la consommation d’eau et d’électricité.

Le président colombien avait également demandé aux huit millions d’habitants de Bogota d’aller passer le week-end dans « des endroits qui dépendent d’autres bassins hydrographiques pour réduire la pression sur la consommation » d’eau de la capitale, où un rationnement par zone est déjà en cours. L’Equateur a dû prendre des mesures similaires.

En août 2023, le gouvernement iranien avait instauré officiellement 2 jours fériés en raison des températures extrêmes qui s’étaient abattues sur le pays, permettant aux plus vulnérables de se confiner.

Officieusement, plusieurs experts pointaient une mise à l’arrêt du pays en raison d’une pénurie d’électricité liée aux vagues de chaleur mais aussi aux défaillances des infrastructures existantes.

Sans adaptation au changement climatique, de plus en plus de pays sont contraints au confinement, mettant à mal leurs libertés de déplacement ou d’accès à l’éducation.

Bruno Bourgeon, président d’AID http://www.aid97400.re

D’après Novéthic du 02 Mai 2024

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