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100 ème chronique de la Macronésie

CM100-Faut-il le Référendum d’Initiative Parlementaire pour privatiser ADP (Aéroports de Paris) ?

par Bruno BOURGEON, porte-parole d’AID

jeudi 11 avril 2019, par JMT

Personnellement, je pense qu’on ne devrait pas s’opposer avec trop d’efficacité à cette privatisation.Après tout on a l’habitude de perdre les batailles d’arrière-garde à répétition depuis 45 ans ! Il faudrait juste que l’Etat avant de vendre assèche la trésorerie d’ADP, comme le premier investisseur venu chinois se permet bien de le faire, cf Toulouse !.

Puis quelques temps après la vente, on verrait par un pur hasard fabriqué de toutes pièces, arriver de très élevés droits additionnels d’usage des installations publiques forfaitaires par avion, qu’il ait 100 ou 500 passagers !) justifiés par la nécessité de diminuer le bruit et la pollution, ce que personne ne peut valablement contester.

Si on calcule bien, cela fera une grosse rentrée fiscale sur laquelle l’Etat ne peut cracher , un effondrement du nombre d’avions petits et moyens pour privilégier les gros (ce qui serait très bon pour l’A380 :-), donc des recettes courantes d’ADP donc effondrement du titre en bourse, ce qui devrait chagriner tous les spéculateurs ayant cru faire une bonne affaire sur le dos des con-tribuables.

Simultanément, si à la SNCF on vire toutes les équipes actuelles sans indemnités pour incompétence et on embauche quelques Suisses qui eux savent faire rouler les trains , il y a possibilité de remplacer une grande partie du trafic aérien court et moyen courrier.

Et on aura utilisé cette idée idiote de vendre des excellents placements pour rembourser une goutte d’une dette publique qu’on ne remboursera jamais si on reste dans la voie capitaliste libérale, pour faire un grand pas dans la transition écologique dans les transports en attaquant bille en tête l’un des chancres les plus visibles ! Vive la Suède et le flygskam !

Faut-il le Référendum d’Initiative Parlementaire pour privatiser ADP (Aéroports de Paris) ?

« Franchement », faut-il un référendum national pour un aéroport ? S’il n’y avait pas eu le précédent avec la privatisation des autoroutes de Villepin, on n’en ferait pas tout un fromage, de cet aéroport. Soyons raisonnables : déranger les Français pour Orly et Roissy ?

Cette privatisation est un sujet politiquement sensible. Pour avoir contesté ce projet de privatisation, François Ruffin, le mois dernier, s’est fait rappeler aux bonnes manières par la rapporteuse de la commission spéciale sur la loi PACTE, la macroniste Olivia Grégoire.

C’est pour protester contre cette privatisation qu’Eric Drouet, au sein d’une délégation de porteurs de Gilets Jaunes (GJ), devait être reçu hier au Sénat, avant que le Sénat ne le désinvite au dernier moment, sur pression du ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Des sénateurs sont alors sortis dans la rue pour présenter leurs excuses à Drouet.

Le Monde énumère les motivations de Vinci, et de son PDG, Xavier Huillard, pour mettre la main sur ADP. Extraordinaire article, que les porteurs de GJ devraient se distribuer sur les rond-points. On y entend la voix intérieure profonde de la multinationale. On entre dans sa logique. On prend la mesure terrifiante de sa vanité et de ses points aveugles. 


Le PDG de Vinci, Xavier Huillard, à Paris, le 6 février. MARLENE AWAAD / BLOOMBERG VIA GETTY IMAGES

La vanité d’abord. Il s’agit, explique Le Monde, de faire de Vinci le premier groupe aéroportuaire du monde (il n’est actuellement, mazette, que le quatrième). Et accessoirement -cette raison ne vient qu’en fin d’article- d’offrir à son PDG un magnifique cadeau de retraite (il aura bientôt 65 ans). Ah ! Permettre à M. Huillard de rester dans la légende de Vinci ! Opposants sans cœur, avez-vous pensé à la postérité de M. Huillard ? A la fierté de ses enfants ? Aux babils de ses petits-enfants ?

L’aveuglement ensuite. Si Vinci désire si fort ADP, c’est parce que les aéroports, explique Le Monde, sont une mine d’or d’une exceptionnelle rentabilité (la marge opérationnelle de Vinci Airports a atteint 43 % en 2018). « Les leviers de création de valeur y sont plus riches et plus variés. Quand il n’y a pas de trafic sur une autoroute, on ne peut pas l’inventer, alors qu’on peut être proactif et convaincre les compagnies aériennes d’ouvrir de nouvelles liaisons », expliquait Xavier Huillard à Lisbonne en janvier.

Et, pour le cas où le lecteur n’aurait pas compris. « Démarcher les compagnies pour multiplier les destinations, optimiser tous les maillons de la chaîne pour accroître les mouvements d’avions et les flux de passagers, développer la surface de boutiques (...) Dans un contexte de croissance rapide du trafic aérien mondial – qui devrait encore doubler d’ici à 2030 –, l’effet multiplicateur est spectaculaire. A Lisbonne, Vinci a triplé le nombre des passagers, doublant le trafic en six ans seulement ».

Il s’agit donc de maximiser les profits et les dividendes. Comment ? C’est simple : en entassant toujours davantage de passagers dans davantage d’avions et devant davantage de parfums en duty free. 

Alors qu’en Suède, grandit en ce moment le flygskam, la honte de prendre l’avion, pas une seconde Le Monde ne pose, dans cet article, la question du bilan carbone de cette expansion sans honte et sans fin du trafic aérien (qui justifiait ainsi Notre-Dame des Landes). Pas une seconde Vinci n’est confrontée à la catastrophe planétaire que dessinent ses grandioses objectifs.

« Franchement », s’il y a bien un sujet, au carrefour de la mondialisation effrénée et de la catastrophe climatique, qui mérite aujourd’hui un référendum, c’est la privatisation d’Aéroports de Paris.

Bruno Bourgeon
Repris en partie d’ @si

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PUBLICATION DANS LES MEDIAS LOCAUX

* Article de Témoignages.re du

* Courrier des lecteurs de Zinfos974 du Vendredi 12 Avril 2019 - 11:14

* Courrier des lecteurs de Clicanoo.re du

* Courrier des lecteurs d’Imaz-Press Réunion publié le

* Courrier des lecteurs dans Le Quotidien de la Réunion du

SOURCE @SI : Seux, et la "dernière chance" du soldat Vinci

Je bouillais. Je trépignais. Dans la bataille des aéroports, j’attendais fiévreusement Dominique Seux, le binôme matinal de ce Thomas Legrand qui estime que ""franchement"", un aéroport ne vaut pas un référendum. Mais que faisait donc Dominique Seux, depuis trois jours ?


passagers des aéroports publics pleurant leurs bagages perdus

En trois jours, ça s’est drôlement enflammé. Le ministre Le Maire (le même qui dirigeait le cabinet de Villepin lors de la privatisation des autoroutes) accuse maintenant les 248 parlementaires partisans du référendum de ""faire le jeu des populismes"""". On ne compte plus les dénonciations ""d’un attelage étrange", "baroque"", ou ""de circonstance"", de la part des mêmes ""qui nous expliquent depuis deux ans qu’il faut dépasser les clivages" "souligne malicieusement Ellen Salvi, ma consoeur de "Mediapart". Et la presse ? Heureusement, les décodeurs du "Monde" sont là, pour rappeler gravement que """"des pro-Fillon ont signé le texte"". Merci camarades ! Décodons décodons ! On ne s’en serait pas souvenus sans vous.

Et pourtant, voyez vous ça, l’idée fait son chemin. Au point, donc, que Seux prend les choses au sérieux. Il en est déjà à appeler le soldat Vinci à se sauver tout seul. Ce serait sa ""dernière chance"". Fichtre, Dominique, on en est déjà là ? Et donc, Seux appelle Vinci à en appeler à l’opinion. A mener campagne sur les marchés (les marchés avec des endives et des fromages, pas lémarchés). Et, serviable, Dominique lui fournit au passage l’argument massue : les aéroports, ça ne marche pas. ""Les passagers sont-ils satisfaits sur les services, la livraison des bagages, le respect des horaires, le passage des frontières ? La réponse est simple : non !""

Ah, Dominique, comme vous m’exprimez bien ! En 2005, j’ai perdu une valise sur un Paris-New York. Privatisons ! Et ces bagages qui arrivent sur le tapis 23 alors qu’on les attend sur le tapis 19 : privatisons ! Pour ne pas parler de Roissy 2E, ce cauchemar de tapis roulants et de train intérieur : vivement Vinci, qu’il raccourcisse les tapis roulants ! Ou mieux : qu’il le rase et le reconstruise.

""Que Vinci dise concrètement comment, pourquoi, avec quelles idées ils feraient mieux. Leur dernière chance est de le faire devant le pays " "appelle solennellement Dominique Seux". " Mais ils ont parlé, Dominique ! Il suffit de leur demander. On les a entendus ici, leurs arguments, dans les colonnes de votre concurrent "Le Monde", le journal de Xavier Niel, gendre de votre propriétaire à vous, Bernard Arnault : toujours davantage d’avions, toujours davantage de passagers, toujours davantage de kérosène, toujours davantage de profit. Il suffit de lire. Que vous faut-il d’autre ?